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Le jardin d’Yggdrasil

Découvrons ensemble le jardin d’Yggdrasil : un jardin, un projet de vie dans l’esprit de la permaculture, conçu et mis en place par Lucrèce Roegiers et Piet Anrys. Écho de notre visite le samedi 29 octobre 2011.

Le projet d’Yggdrasil est né il y a une quinzaine d’années suite à une formation en permaculture suivie Lucrèce en Allemagne à l’époque.
Complètement séduite par l’éthique de la permaculture, son approche globale et respectueuse des fonctionnements naturels, Lucrèce s’est mise à la recherche d’un lieu où elle pourrait mettre en place un projet en permaculture. C’est ainsi qu’elle s’est installée à Yggdrasil avec son mari en 1995.
Au moment de leur arrivée, le seul arbre présent sur le site anciennement voué à la culture de pommes de terre, était un frêne... d’où le nom du lieu, Yggdrasil qui signifie « frêne », et est considéré comme arbre de vie dans les mythologies nordiques. Le frêne est un arbre porte de très grandes feuilles, fortement découpées, capables de capter beaucoup de lumière, tout en en laissant passer encore beaucoup.

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le frêne

Le projet, imaginé et conçu dans l’esprit et avec les outils de la permaculture, s’est mis en place, progressivement.
Le site actuel, avec ses activités, est résultat d’une évolution au fil du temps.

Au cours de la visite, plusieurs aspects ont été bien illustrés :

Le design du site :

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L’outil pratique que propose la permaculture pour aménager un lieu est le design. Un design consiste en un plan d’aménagement dans l’espace et dans le temps, établi dans le respect de l’éthique de la permaculture – prendre soin de la Terre, prendre soin des Hommes, créer l’abondance et distribuer les surplus – et prenant en compte les caractéristiques initiales du lieu ainsi que les objectifs, aspirations, moyens... des auteurs du projet. Il repose sur une longue observation du site pour en connaître le potentiel et les limites et intègre une série de principes qui permettent au système d’être le plus efficace possible.
A Yggdrasil, l’objectif de départ était de créer un lieu didactique de la permaculture en même temps qu’un lieu de production.

Concernant l’utilisation de l’énergie

- L’organisation d’un lieu en permaculture, est guidée par un principe fondamental qui est de limiter au maximum toute consommation d’énergie et surtout d’éviter les énergies fossiles.

  • Il s’agit notamment d’utiliser au maximum les énergies qui s’échappent lorsqu’elles ne sont pas utilisées, comme l’énergie solaire, l’énergie du vent, de l’eau.

Une triple haie entoure tout le domaine et assure une protection contre le vent, l’érosion, l’arrivée de pesticides venant des cultures avoisinantes. Le rendement de la végétation s’en trouve amélioré et le bois produit sert notamment à alimenter le poêle de masse, moyen de chauffage principal et très performant de l’habitation.

  • Il s’agit également d’organiser la planification par zones, les activités demandant plus de travail, plus d’attention, plus de visites sont placées à proximité de l’habitation ou du poste d’activité.

A Yggdrasil, même si le terrain s’étire sur la longueur, les espaces ont été disposés « autour » de l’habitation et des lieux principaux d’activité (zone 0), en fonction de leur demande d’attention et d’intervention.
C’est ainsi que dans la cours de l’habitation (zone1), on trouve deux spirales d’herbes aromatiques appelées à être utilisées quotidiennement dans la maison, des plantes grimpant sur les murs, des aménagements pour sécher les oignons... Les animaux, poules et ânes, disposent d’un espace qui, pour leur offrir assez de surface, s’étend assez loin de l’habitation, mais dont les abris où se concentrent les interventions, comme les soins... sont eux, tout proches de l’habitation. Juste après vient la pépinière, puis la zone de culture de légumes, herbes aromatiques et petits fruits. Ensuite, nous trouvons les zones de compost, un espace plus récréatif, avec un labyrinthe méditatif, un tunnel de saules... La toilette sèche qui a été construite dans au bout du terrain du terrain est bien pratique lorsque l’on travaille au fond du jardin, bien loin de l’habitation.
Vient ensuite un petit bois de recolonisation, entièrement naturel, où aucune intervention n’est requise (zone 5).
Et finalement, une zone de cueillette « publique », s’est ajoutée beaucoup plus récemment. Plantée de petits fruits, elle devrait permettre à terme, aux utilisateurs, de venir, sur rendez-vous, cueillir leurs fruits.

Concernant l’efficacité du système, sa stabilité

- Un autre principe qui est bien illustré est que chaque élément du système doit remplir plusieurs fonctions et donc servir à plusieurs choses. Le système global s’en retrouve renforcé et devient plus résilient, c’est-à-dire plus résistant aux chocs extérieurs.

La triple haie a pour vocation de protéger l’espace des vents et de créer ainsi un microclimat plus favorable aux cultures. Composée d’espèces indigènes, elle attire aussi toute une faune qui contribuera à l’équilibre du système : à proximité de la maison, ce sont surtout des arbustes indigènes à fleurs et à fruits, comme l’aubépine, le prunellier, la viorne... Mais lorsque l’on s’éloigne, on y trouve aussi de grands arbres comme le tilleul, le noyer, le chêne... Ceux-ci fournissent différents produits comme des fruits secs, des fleurs pour les tisanes, du bois pour chauffer l’habitation, pour la réalisation de certaines constructions, pour fournir les copeaux qui sont épandus dans les chemins...
Les poules qui fournissent des œufs, ont aussi pour rôle de fertiliser le sol et de nettoyer le terrain sous les fruitiers.

- Chaque fonction doit à son tour être remplie par plusieurs éléments.

- Un autre principe encore est de laisser les cycles naturels se réaliser complètement et sur place. Il n’y a alors pas de production de déchets.

Les bricaillons, plutôt qu’être vus comme déchets de construction dont il faut se débarrasser sont utilisés sur place, par exemple pour réaliser les supports d’herbes méditerranéennes, faire un mur de pierre sèche...,
Les « déchets » de taille sont broyés et utilisés dans les chemins, dans les plantations. En se décomposant, ils se transforment en humus et nourrissent le sol.

Quelques aménagements particuliers :

  • les spirales d’herbes aromatiques :
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ce sont des dispositifs qui, par leur forme et les matériaux utilisés, offrent un microclimat tout à fait particulier, propice à l’installation des plantes méditerranéennes. Entièrement réalisées avec des matériaux de récupération, ces spirales combinent un substrat bien drainé, essentiellement minéral, des pierres qui accumulent la chaleur et une forme compacte. Les plantes installées dans le haut de la spirale sont celles qui recherchent les terrains les plus secs, alors que celles du bas disposent d’un peu plus d’humidité. Un bassin de récupération d’eau peut même être enterré en bout de course, accueillant des plantes comme la menthe ou des batraciens, précieux auxiliaires au jardin !

  • Les parcelles mélangées du potager :
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le mélange des plantes, sous toutes les combinaisons possibles, assure une meilleure stabilité du système, le moins de risques d’attaques de prédateurs, maladies... Ainsi sont mélangés, légumes et plantes aromatiques, plantes de tailles différentes et à enracinement plus ou moins profond, mais aussi, les couleurs, les textures et les odeurs !
Les haies de bois taillé : les bois de taille sont entreposés entre une double rangée de piquets, formant ainsi une petite haie. Les bois de taille s’y décomposent lentement, des oiseaux, hérissons... y nidifient et, des plantes recherchant la chaleur se développent côté sud et bien à l’abri du vent .
la récupération et l’épuration des eaux de pluie : toutes les eaux des toitures sont récupérées dans des citernes et permettent d’arroser le jardin et les tunnels de culture.

  • les flowforms : une petite mare est alimentée en circuit fermé. L’eau pompée est redynamisée en s’écoulant au travers de flowforms, avant de retourner dans la mare.
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  • les chemins en « forme d’arbre » qui traversent le site et permettent de rejoindre les différentes parties de façon efficace et harmonieuse.
  • le petit bois : zone de non intervention, où la nature est reine et se comporte comme elle le désire. Ces zones sont riche en biodiversité. Les invertébrés de toute poils, oiseaux, plantes... qui s’y installent à leur guise sont essentiels à l’équilibre de l’écosystème.
  • le jardin de cueillette des petits fruits : la permaculture vise à développer des systèmes où règne l’abondance et où les surplus sont redistribués. Le gaspillage n’est pas de mise. Dans cette partie de site, les petits fruits de toute première qualité seront cueillis par les visiteurs eux-mêmes et payé à prix démocratique.
  • le labyrinthe méditatif : le bien-être spirituel et mental n’est pas laissé pour compte . Des lieux de méditation, des espaces ludiques... sont présents un peu partout dans le site.

A télécharger :

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
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Grez en Transition Dernière modification 11 juillet 2017 Plan du site