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Bouturage, marcottage et division de plants en automne

 
2 décembre 2012
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Danielle Blancke -----
A télécharger :
Principales étapes et conseils techniques pour réussir à multiplier ses plantes en automne. D’après un texte proposé par Michel Fraiteur.

A la Sainte-Catherine, tout bois prend racine … Voici donc le moment idéal pour multiplier par bouturage ou marcottage les plantes qui acceptent ce mode de multiplication.

Mais pourquoi bouturer ou marcotter soi-même, alors qu’il est si facile d’acheter une plante déjà tout enracinée ?

  • D’abord, parce que c’est gratuit : avec un tout petit effort et un rien plus de patience, nous pouvons apprécier ainsi le cadeau de la vie qui s’étend et se donne à profusion. Et en cas d’échec ou de difficulté, nous serons moins tenté de recourir aux engrais chimiques, insecticides, fongicides, herbicides et autre pesticides puisque cela ne nous a rien coûté et que nous pouvons toujours recommencer l’opération.
  • Mais aussi, cela permet une réelle reconnexion avec la nature parce qu’en participant ainsi patiemment à son développement, on peut aussi mieux comprendre son fonctionnement, en être plus proche, s’y relier.
  • Et de plus, multiplier soi-même ses plantes, permet de faire des cadeaux autour de soi, d’échanger et de multiplier à l’identique les espèces les mieux adaptées à ses besoins, sa région.

Boutures ligneuses

Les boutures ligneuses se font pour des arbres et arbustes à feuilles caduques.

Préparation de la bouture :

  1. Prélever un rameau vigoureux et sain de l’année, déjà bien aoûté, c’est-à-dire ligneux. L’épaisseur du rameau généralement recommandée est celle d’un crayon.
  2. A la base, couper juste en-dessous d’un œil, à un ou deux yeux au-dessus la jonction avec la pousse de l’année précédente.
    • Exception : pour les espèces à tige creuses, on effectue une bouture ‘à talon’ en prélevant le talon du vieux bois qui est riche en hormones de croissance ; ces espèces sont marquées ‘(T)’ dans les listes ci-dessous.
  3. Garder 15 à 30cm, suivant la vigueur de la plante et couper au-dessus d’un œil en éliminant les parties trop jeunes ou trop frêles. Il est important d’inciser en oblique pour permettre à l’eau de s’écouler en cas de pluie !
  4. Éliminer toutes les feuilles s’il en reste.

Préparation du sol :

L’idéal est que le sol reste frais, c’est-à-dire légèrement humide, en toute saison. Pour cela, le choix de l’emplacement est important. Ainsi, les expositions aux vents d’est ou du nord, les parcelles trop au soleil...doivent être évitées. Le sol doit aussi être préparé préalablement pour être fertile, propre, meuble et bien drainé au moment de la plantation. Du sable et du compost peuvent être ajoutés si nécessaire. Il est préférable de ne pas y mettre d’engrais, le but étant d’obtenir en priorité un fort enracinement.

Plantation des boutures :

  1. Creuser une tranchée étroite à la bêche, en l’inclinant légèrement en avant et en arrière. Si on prépare plusieurs tranchées, les espacer de 25 à 30 cm afin de pouvoir biner entre les rangs sans déranger les boutures.
    • Les espèces à enracinement rapide peuvent être repiquées directement dans cette tranchée, en pleine terre.
    • Les boutures des espèces à enracinement lent sont d’abord liées en botte et placées dans du sable, par exemple dans un pot en terre cuite enterré, sous châssis ou sous une cloche en verre. Elles ne sont repiquées individuellement dans la tranchée qu’au printemps. Attention, sous châssis ou sous cloche, au risque plus grand de moisissure et de maladies cryptogamiques !
  2. Tremper la base des boutures dans une hormone d’enracinement avant de les planter .
  3. Repiquer les différentes boutures à 10-15 cm de distance, en laissant un œil juste au niveau du sol, et un œil au-dessus du niveau du sol.
  4. Refermer la tranchée et tasser légèrement.
  5. Durant l’année, éliminer les mauvaises herbes et les boutures qui périssent, biner et arroser si nécessaire.
  6. Si elles sont suffisamment vigoureuses, les boutures peuvent être mises en place l’automne suivant. Sinon, on les garde encore un an en pépinière en les replantant à 40 cm de distance.

Espèces se multipliant par boutures ligneuses à enracinement rapide :

  • Buddleia (T), Berberis (T), Cornus alba, Deutzia, Forsythia, Hypericum (millepertuis), Ligustrum (troène), Populus (peuplier), Philadelphus (seringat), Roses (avec des résultats variables selon les variétés), Salix sp (saules), Sambucus sp (sureaux) (T) , spirées, symphorines, viornes (à feuilles caduques), Weigelia.
  • Groseilliers, vigne, cognassier, certains pruniers, figuier, kiwi (Actinidia sinensis)

Espèces se multipliant par boutures ligneuses à enracinement lent :

  • Métasequoia
  • Toutes les espèces supposées être à enracinement rapide si on ne réussit pas de cette façon, si la plante de départ est déjà peu vigoureuse…

Boutures semi-ligneuses

Les boutures ligneuses se font pour des arbres et arbustes à feuilles persistantes et pour les conifères.

  1. Prélever l’extrémité d’un rameau avec son feuillage, à la base, au point de jonction avec la pousse de l’année précédente.
    • Exception : pour les espèces plus difficile, on effectue également une bouture ‘à talon ; ces espèces sont marquées ‘(T)’ dans la liste ci-dessous
  2. Garder une quinzaine de cm et couper au-dessus d’un bourgeon ou d’une feuille.
  3. Éliminer les feuilles des deux tiers inférieurs (sur 10 cm).
  4. Éliminer ou réduire de moitié les grandes feuilles de la partie supérieure.
  5. Planter les boutures soit dans une tranchée, soit sous châssis comme pour les boutures ligneuses.

On peut également mettre les boutures en pot, dans du terreau de rempotage : mettre plusieurs boutures sur le bord d’un pot en terre cuite, et garder ce pot légèrement humide. Repiquer au printemps suivant, quand les premières racines apparaissent.

Espèces se multipliant par boutures semi-ligneuses :

  • Aucuba (T), Berberis (T), Ceanothus (T), Cotoneaster (T), Daphne, Deutzia, Ilex (houx), Mahonia, Rhododendron (T), Pyracantha, Prunus lusitanica & autres ‘lauriers-cerise’, Viburnum sp (viornes) à feuillage permanent.

Marcottes

Le marcottage peut être utilisé pour multiplier des plantes quand le bouturage ne réussit pas facilement. Le principe général est que l’on emmène une branche à fabriquer des racines alors qu’elle est toujours liée à sa plante-mère, et que l’on ne la sépare de celle-ci qu’après le développement de nouvelles racines, généralement à l’automne suivant. Ce procédé est donc plus sûr que le bouturage.

Il existe plusieurs techniques que l’on applique selon la nature des plantes :

  • Le marcottage simple consiste à plier une branche jusqu’au sol et à en enterrer superficiellement un morceau que l’on griffe légèrement ; l’extrémité de la branche remonte hors du sol et elle est bien fixée à un tuteur afin de ne pas bouger. Cette méthode exige évidemment que les branches soient suffisamment souples pour pouvoir être pliées sans casser !
  • Le marcottage d’extrémité est similaire, mais au lieu d’enterrer un milieu de branche, on en enterre l’extrémité : marcottage de ronce.
  • Le marcottage en butte ou en cépée qui consiste à amasser de la terre au pied d’un arbuste afin qu’il produise de nouvelles racines au bas de ses branches.
  • Le marcottage aérien consiste à fixer un manchon de mousse entouré d’une feuille plastique sur une branche entaillée et à le conserver humide jusqu’au développement des racines.

Dans tous les cas, on peut utiliser des hormones de bouturage pour favoriser l’enracinement.

Espèces se multipliant par marcottage simple :

  • Aucuba, Erica (bruyère d’hiver), Chaenomeles (cognassier du japon), Skimmia, Syringa
  • Cognassier, Ronces (extrémité), noisetier, vigne, figuier, myrtillier américain (Vaccinium corymbosum)

Espèces se multipliant par marcottage en cépée :

  • Amélanchier, Hydrangea
  • Groseilliers

Espèces se multipliant par marcottage aérien :

  • Hamamélis, Magnolias, Rhododendrons

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